Pneumothorax
postcoelioscopique
R. DE TAYRAC*, A. GERVAISE*, D. LAURENT**, H.
FERNANDEZ*
* Service de Gynécologie-Obstétrique du Pr Frydman,
Hôpital Antoine Béclère - CLAMART.
** Service díAnesthésie du Pr Benhamou,
Hôpital Antoine Béclère - CLAMART
Le
contexte
Une patiente de 44 ans,
non fumeuse et sans antécédent pulmonaire, ayant eu
deux enfants par césarienne et présentant des
ménométrorragies, a bénéficié
díune hystérectomie vaginale
cúlio-préparée. Au deuxième jour
postopératoire, elle présente une douleur thoracique
droite díapparition brutale et une polypnée. Une
radiographie thoracique, puis un scanner thoraco-abdominal sont
demandés en urgence.
|
|
|
|
Fig. 1 : Scanner thoracique deux jours après la coelioscopie montrant un pneumothorax antérieur droit (1) et un épanchement pleural postérieur droit (2). |
Fig. 2 : Scanner abdominal deux jours après la cúlioscopie montrant un pneumopéritoine antérieur droit (1) et un épanchement péritonéal postérieur droit (2). |
Le commentaire
Chez cette
patiente, la création du pneumopéritoine síest
déroulée sans incident et la pression maximale de
CO2 intra-abdominal nía pas excédé 14
mmHg. La pression de ventilation nía pas excédé
16 cm H2O et la capnie peropératoire est
restée normale entre 29 et 37 mmHg. Il níest pas
survenu díemphysème sous-cutané.
Líintervention a duré 2 heures au total.
La symptomatologie pulmonaire postopératoire nous a immédiatement conduit à rechercher une complication thrombo-embolique par la réalisation díune gazométrie sanguine, díun électrocardiogramme et díune radiographie thoracique. Seul ce dernier examen était anormal, révélant un pneumothorax et un épanchement pleural droit, confirmés par le scanner.
Après drainage pleural en réanimation, líévolution a été favorable avec le retour du poumon à la paroi. Le pneumothorax nía pas récidivé et la patiente nía gardé aucune séquelle de cette complication.
Vingt-cinq cas de pneumothorax compliquant une cúlioscopie
opératoire ont été rapportés à ce
jour dans la littérature, dont deux en gynécologie (une
endométriose et une grossesse extra-utérine). Les
différents mécanismes possibles sont un
barotraumatisme, en cas de pressions ventilatoires excessives, une
rupture de bulle congénitale ou la diffusion du
pneumopéritoine par une brèche diaphragmatique
congénitale.
La réponse
Le diagnostic
retenu a été celui díun pneumothorax
postcúlioscopique par diffusion du pneumopéritoine
via une probable brèche diaphragmatique
congénitale. Cette étiologie nous semble être la
plus probable, en raison de líhomolatéralité de
líépanchement gazeux, de líassociation à
un épanchement pleural dans la continuité de
líépanchement abdominal résiduel et de
líabsence díanomalie retrouvée lors du
monitorage peropératoire. La preuve radiologique semble en
revanche difficile à obtenir.
En pratique
Un pneumothorax
peut compliquer une cúlioscopie opératoire. Il survient
généralement au cours de líintervention et doit
être évoqué devant une hypercapnie
associée à une désaturation artérielle et
souvent à un emphysème sous-cutané. Comme nous
lía montré cette observation, cette complication peut
également survenir en postopératoire par diffusion
secondaire du pneumopéritoine, et donner des signes
respiratoires proches de ceux de líembolie pulmonaire. Le
traitement impose un drainage pleural immédiat et le pronostic
est le plus souvent favorable.
Remarque : La bibliographie est disponible sur
simple demande auprès de líauteur.