Chirurgie
plastique du sein
P.L. GIACOLONE
Service de Gynécologie-Obstétrique, Hôpital
Arnaud de Villeneuve, CHU - MONTPELLIER.
Le
contexte
Mlle X, 15 ans, a
été prise en charge pour une tumeur mammaire de
développement rapide. Cette tumeur, découverte à
líautopalpation, avait entraîné une
déformation du sein en quelques semaines. Líexamen
clinique ainsi que líimagerie (mammographie,
échographie, IRM mammaire, microbiopsies
stéréotaxiques) étaient en faveur díune
lésion bénigne de type
fibro-adénome.
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Fig. 1 : Aspect des lésions avant intervention. Notez líasymétrie mammaire avec une hypertrophie du sein droit. Le développement tumoral entraîne un excédent cutané du quadrant supéro-externe, un refoulement aréolaire en bas et en dedans, et un élargissement du diamètre aréolaire. |
Fig. 2 : Aspect après exérèse par voie sous-mammaire : il persiste une asymétrie avec une aréole droite plus bas située que la gauche, et plus en dedans. La distance du bord interne aréolaire à la ligne médiosternale est de 8 cm à gauche et de 10 cm à droite. |
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Fig. 3 : Aspect per-opératoire : desépidermisation périaréolaire supéro-externe permettant de corriger líexcédant cutané externe et díascensionner líaréole. |
Fig. 4 : Suture de 2 cercles périaréolaires permettant de ramener líaréole en position symétrique par rapport à líaréole controlatérale. |
Le commentaire
Ce cas illustre
le concept de chirurgie oncoplastique dont les principaux
précurseurs français ont été les
équipes de líInstitut Gustave Roussy et de
líInstitut Curie. La chirurgie mammaire doit répondre
à des critères de qualité. Il est
nécessaire pour cela de connaître certains principes
fondamentaux de la chirurgie plastique du sein. Ces principes sont
les suivants :
1. - Evaluation préopératoire de la symétrie mammaire par le marquage (patiente en position debout) de líaxe des seins, des sillons sous mammaires et de la ligne médio-sternale. Il est nécessaire de mesurer de façon bilatérale les distances suivantes :
- bord supérieur aréolaire au creux sus-sternal,
- distance du bord interne aréolaire à la ligne
médiosternale,
- enfin, longueur de la verticale sous-aréolaire et du
diamètre aréolaire.
2. - Nécessité díopérer les patientes en position demi-assise dans les cas ou une reconstruction glandulaire ou un redrapage cutané sont envisagés. En effet, sur une patiente en position allongée, líétalement de la glande mammaire modifie très largement les repères et rends la symétrie de la reconstruction très aléatoire.
3. - Possibilité de réaliser, quand cela est nécessaire, les gestes chirurgicaux qui permettront de restaurer la symétrie mammaire. Ces gestes peuvent être simples comme la desépidermisation ou les techniques de plasties glandulaires, ou inversement plus complexes comme les techniques de mammoplasties qui se rapprochent plus de la chirurgie plastique et qui nécessitent un apprentissage spécifique.
La conclusion
Notre cas
illustre la nécessité díune connaissance
suffisante de certaines techniques de reconstruction après
exérèse y compris, et peut-être surtout pour les
lésions bénignes du sein. La diffusion la plus large et
la plus exacte de ces techniques est un impératif pour
líavenir.