Kyste ovarien
R. GABRIEL
Service de Gynécologie Obstétrique. Hôpital Maison Blanche - REIMS

  Le contexte
 

Melle T..., 23 ans, nulligeste, est vue pour une consultation systématique. Il níexiste aucune plainte fonctionnelle. Dans les antécédents, on note une péritonite appendiculaire à líâge de 6 ans. La contraception orale a été arrêtée un mois auparavant en raison díun désir de grossesse. Líexamen clinique perçoit, dans le Douglas, une masse volumineuse, lisse, régulière, rénitente, indolore. A líéchographie, cette masse mesure plus de 9 cm de diamètre et se révèle liquidienne, avec renforcement postérieur, parcourue de fines cloisons, sans ascite (fig. 1 et 2).
 
 
 

Fig. 1 et 2 : Aspects échographiques de la masse rétro-utérine. Notez, sur la figure 1, la finesse et líaspect régulièrement incurvé des cloisons.

Le diagnostic

Le diagnostic présumé est celui de kyste ovarien. Cependant, la cúlioscopie montre des ovaires de taille et de forme normales. En revanche, les deux trompes sont le siège díun hydrosalpinx très volumineux, mesurant au moins 6 cm de diamètre. La paroi tubaire est extrêmement fine, translucide. Le liquide tubaire se révélera stérile et la recherche du chlamydia par PCR sera négative. Dans líimmédiat, líopérateur réalise une salpingonéostomie percúlioscopique.

Cependant, une rediscussion du dossier fera proposer une salpingectomie avant inclusion dans un programme de fécondation in vitro.

Le commentaire

Cette observation appelle trois commentaires:

Diagnostique. Le diagnostic pré-opératoire de líhydrosalpinx était difficile. Cependant, líaspect régulièrement incurvé des cloisons sur la fig. 1 est assez évocateur.

Etiologique. Cet hydrosalpinx est probablement en rapport avec líantécédent de péritonite. Cette étiologie classique mérite díêtre soulignée dans certaines situations sensibles. Ainsi, nous avons vu récemment un cas de pyosalpinx survenant chez une adolescente de 12 ans, peu après líinstallation des premières règles. Le discours initial, influencé par líactualité, avait évoqué líhypothèse díactes pédophiles venant de líentourage. Mais la jeune patiente était vierge et avait fait une péritonite néonatale.

Thérapeutique. La chirurgie réparatrice des hydrosalpinx majeurs est facile mais donne des résultats décevants tandis que la présence de ces trompes pathologiques réduit les chances de succès de la fécondation in vitro. Il est admis quíune salpingectomie díemblée est légitime dans ce contexte.