Adénomiose
utérine
J. SALVAT
Hôpitaux du Léman - EVIAN-LES-BAINS.
Mme F. Yvette était âgée de 47 ans lorsquíelle a consulté pour des douleurs et des hémorragies génitales.
Ses antécédents : Elle a eu une appendicectomie avec kystectomie de líovaire droit à líâge de 16 ans. Elle a accouché díun enfant à líâge de 17 ans et a présenté une paraphlébite dans les suites de couches. Elle a présenté un adéno-fibrome du sein gauche confirmé par une cytologie. Líadéno-fibrome a régressé spontanément. Elle a eu une contraception par stérilet compliquée díune infection qui a imposé le retrait du stérilet. A cette occasion, une chlamydiose avec sérologie positive au 1/1 024° a été découverte et traitée par Vibramycine 20 jours. Un frottis a montré une dysplasie légère et après biopsie sous colposcopie, une conisation a confirmé une lésion de dysplasie modérée avec koïlocytes. Les frottis ultérieurs de surveillance étaient restés normaux. A sa demande, une stérilisation par clips de Filshie a été réalisée à líâge de 39 ans sous Vibramycine et Augmentin. Un syndrome de Fitz-Hugh Curtis a été mis en évidence au cours de la cúlioscopie.
Le
contexte
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Nombre/24h |
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Caillots |
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Autres moyens de protection (en clair) |
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Nombre de levers nocturnes |
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Alèse dans le lit (oui/non) |
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Médicament |
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Fig. 1 : Schéma de Higham modifié. |
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Elle a consulté à 47 ans pour des douleurs prémenstruelles avec dysménorrhée secondaire majeure et ménorragies abondantes comme líobjective le schéma de Higham (fig. 1). Au toucher vaginal, líutérus était globalement augmenté de volume.
Líéchographie vaginale découvrait une asymétrie avec hypertrophie de la paroi postérieure avec lésion hyperéchogène mal limitée. La muqueuse était díépaisseur normale 5 mm (fig. 2). Líhystérosalpingographie (fig. 3) montrait un aspect en nid díabeille prédominant sur la corne du côté droit. Un clip était visible.
De líautre
côté, un aspect díhydrosalpynx était
noté. Une hystéroscopie et un curetage confirmaient une
hyperplasie simple de líendomètre.
Le diagnostic
Le diagnostic
díune adénomyose utérine était facile.
Compte tenu des douleurs associées, une cúlioscopie
était décidée. Líexploration
cúlioscopique pelvienne ne retrouva aucune lésion
endométriosique associée. Une hystérectomie
vaginale cúlio-préparée était
réalisée. Une prévention des thromboses par
Fragmine 2 500 UI était pratiquée le soir même de
líintervention. Líexamen anatomo-pathologique montrait
líexistence díune adénomyose typique.
Un traitement substitutif par Estraderm TTS 50 était
préconisé lors de sa ménopause naturelle qui
survint deux ans plus tard avec une parfaite tolérance. La
patiente était revue 6 ans après et elle allait
très bien.
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Fig. 2. |
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Fig. 3. |
Le commentaire
LlLes
antécédents de cette patiente (maladie sexuellement
transmissible par chlamydiae et conisation pour dysplasie
modérée et HPV) auraient pu expliquer des
phénomènes douloureux pelviens. Leur caractère
cyclique et leur apparition secondaire cadraient mieux avec une
adénomyose.
Líadénomyose díapparition tardive était une explication plus cohérente des douleurs de la patiente. La contraception par pilule nía pu prévenir líadénomyose, car la patiente ne bénéficiait pas de la pilule en raison de ses antécédents de paraphlébite.
Les images échographiques étaient typiques. Líhystérosalpingographie était superflue et redondante, même si elle était caractéristiqueÖ
Un prélèvement endométrial par pipelle de Cornier aurait pu faire le diagnostic de líhyperplasie à moindre frais que líhystéroscopie-curetage. Cette dernière investigation était plus sûre pour éliminer une pathologie prénéoplasique (hyperplasie atypique) ou néoplasique toujours possible à cet âge.
Les ménorragies pouvaient síexpliquer par líhyperplasie endométriale associée. Le gros utérus et líadénomyose contre-indiquaient un traitement conservateur (DIU, progestatifs type Surgestone 500, résection endométriale, ou ballonnet de thermo-destruction endométriale) dont on connaît les résultats aléatoires en cas díadénomyose profonde.
Líexploration pelvienne aurait pu faire pratiquer une IRM à la recherche de foyers díendométriose associés. Ici, la cúlioscopie a été choisie pour découvrir díautres foyers associés díendométriose extra-génitale susceptibles díexpliquer les douleurs. Elle fut négative.
La conservation ovarienne à 47 ans est discutable, surtout dans le contexte díune endométriose, mais celle-ci étant localisée à líutérus, elle devenait possible. La prévention des cancers ovariens par líovariectomie prophylactique est loin díêtre prouvée en dehors de facteurs de risque héréditaires démontrés.
Líhystérectomie vaginale totale emportant le col
utérin avec des antécédents de dysplasie
modérée nous a paru díindication indiscutable.
La prophylaxie des thromboses aurait pu être plus active (5 000
UI au lieu de 2 500 UI). La contre-indication au traitement hormonal
substitutif ultérieur ne nous est pas apparue dans la mesure
où aucun antécédent familial
níétait retrouvé et en líabsence de
phlébite vraie documentée.
En conclusion
Cette observation
objective líintérêt díune attitude active
et résolument chirurgicale face à
líadénomyose symptomatiqueÖ