Endométriose
pelvienne
V. DENOIT, D. QUERLEU*
* Hôpital Jeanne de Flandre - LILLE.
Contexte
Mme D. Catherine, 35
ans, sans antécédent en dehors díune hyperplasie
lobulaire simple du sein gauche opérée 3 ans plus
tôt, est hospitalisée pour bilan de douleurs lombaires
droites sans fièvre.
Commentaire
Líéchographie retrouve une
urétéro-hydronéphrose droite, confirmée
par líurographie intraveineuse (fig. l). Au
scanner, cette dilatation se situe en amont díun obstacle de
líuretère pelvien droit (4-5 cm au-dessus de la
jonction urétéro-vésicale), díaspect
tissulaire, mesurant 4 cm de diamètre et
développé aux dépens de líisthme
utérin.
La patiente est adressée dans le service de
gynécologie.
Líexamen clinique retrouve un col sain et une lésion indurée de tout le paramètre droit accolée à líisthme utérin et étendue jusquíà la paroi latérale droite du pelvis.
LíIRM met en évidence une zone infiltrante
tissulaire mal limitée, engainant líuretère
droit, síinfiltrant entre líutérus et le rectum
et venant au contact de la paroi postérieure du col
utérin (fig. 2).
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Fig. 1 : UIV. |
Fig. 2 : IRM. |
Le
diagnostic
On évoque
comme diagnostic un foyer díendométriose pelvienne.
En pratique
Le traitement est
chirurgical: la laparotomie montre une endométriose
sous-péritonéale, fixant le rectum à la face
postérieure du vagin et de líisthme utérin, et
adhérente à la totalité de la paroi pelvienne
droite jusquíau plan des releveurs de líanus. Il est
réalisé une exérèse complète de la
lésion (fig. 3), accompagnée díune
résection segmentaire du haut rectum avec anastomose
colo-rectale dans le même temps. Líuretère
terminal est réséqué et sa réimplantation
vésicale est effectuée.
Les suites opératoires sont simples, autorisant la sortie
au onzième jour. Líexamen anatomo-pathologique confirme
le diagnostic díendométriose. Deux ans après
líintervention, Mme D. ne présente aucune
symptomatologie gynécologique, urinaire ou digestive.
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Fig. 3
: pièce opératoire. |
Discussion
Ce cas clinique
illustre certaines caractéristiques inhabituelles mais
remarquables de líendométriose pelvienne. On trouve ici
la forme la plus complète de líendométriose
sous-péritonéale profonde, avec une localisation
urétérale et une localisation rectale
pénétrantes. On sait également
líexistence de localisations sigmoïdiennes,
cæcales, appendiculaires, vésicales. Cette pathologie
peut de ce fait imiter en tout point líextension
extra-génitale díun cancer pelvien.
Alors que cette pathologie est habituellement responsable de douleurs rythmées par les menstruations et à irradiation postérieure, on peut être surpris de líindolence totale qui níexclut donc pas le diagnostic.
Líindication opératoire est posée devant des
douleurs rebelles associées à des signes
díobstruction urinaire et digestive. Le traitement
médical nía habituellement pas
díintérêt, puisque son effet est inconstant et
surtout purement suspensif. La seule thérapeutique possible
repose sur une chirurgie pelvienne majeure de type
cancérologique, avec des résections digestives ou
urinaires parfois importantes dont les risques doivent être
exposés à la patiente et doivent être
confrontés au bénéfice attendu.