Hématocolpos
secondaire à une imperforation
hyménéale
B. LANGER, E. BOUDIER, A. TRESSER
* Service de Gynécologie-Obstétrique II,
Hôpital de Hautepierre ñ STRASBOURG.
Contexte
Une jeune fille de 13 ans est admise pour douleurs pelviennes évoluant depuis 2 jours. Elle ne se plaint pas de troubles urinaires. Il níexiste pas de nausées ou de vomissements, ni de diarrhées ou constipation. Líexamen de líabdomen montre un ventre souple, non ballonné ; le point de Mac Burney en particulier est libre. Il níy a ni hyperthermie, ni signes biologiques díinflammation ou díinfection.
Líexamen
échographique révèle líexistence
díune volumineuse collection liquidienne au niveau vaginal,
refoulant líutérus vers le haut (fig. 1 et 2).
La cavité utérine reste virtuelle. Líaspect des
annexes est normal et il níexiste pas
díépanchement
intra-péritonéal.
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Fig. 1 : Coupe sagittale du pelvis. Líutérus est médian et antéversé à distance de la vessie ; on visualise aisément líendomètre. Une volumineuse collection díallure liquidienne occupe la région vaginale. |
Fig. 2 : Coupe transversale du pelvis. On retrouve líimage liquidienne rétro-utérine. |
Commentaire
Líinterrogatoire retrouvait des épisodes de douleurs
pelviennes identiques pendant quelques jours depuis 2 mois.
Líexamen vulvaire montrait un hymen bleuté bombé
imperforé (fig. 3). Le toucher rectal retrouvait
une masse rénitente au niveau du vagin.
Il síagissait díun hématocolpos secondaire
à une imperforation hyménéale. Cette
dernière a été incisée le lendemain et a
permis díévacuer une collection sanguine de 250 cc. Des
incisions radiaires ont été réalisées en
síaidant de la mise en place díune sonde à
ballonnet pour bien étaler líhymen (fig.
4).
Le diagnostic díimperforation hyménéale est
généralement porté chez une jeune fille en
période de puberté et présentant une
aménorrhée primaire associée à des crises
douloureuses pelviennes mensuelles. Les caractères sexuels
secondaires sont normaux, de type féminin adulte.
La vulve est normalement développée, mais il
níexiste pas díorifice hyménéal. Le
toucher rectal retrouve une masse rénitente correspondant au
vagin rempli de sang et au-dessus un utérus normal au
début de la maladie.
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Fig. 3. |
Fig. 4. |
En pratique
Il faudra faire
le diagnostic différentiel avec une cloison transversale
basse, où les malformations uro-génitales sont plus
fréquentes. Les complications sont liées au reflux du
sang menstruel vers les trompes et la cavité
péritonéale à líorigine de lésions
endométriosiques. Lorsque líéchographie
révèle une hématométrie, un
hématosalpinx ou un épanchement intra-abdominal, il
faut réaliser en même temps que
líévacuation de líhématocolpos une
cúlioscopie afin de faire le bilan exact des lésions
sus-jacentes.