Kyste
sacré de Tarlov
F. RAUCH-CHABROL *, M. FONTANGES *, Ph. GRELLIER **, H.
CHAPOULART ***
* Polyclinique Jean Villar - BRUGES. ** Clinique Tivoli -
BORDEAUX. *** BORDEAUX.
Contexte
Mme T. est
âgée de 57 ans, ménopausée sous traitement
hormonal substitutif et ne présente pas
d'antécédent particulier. Elle consulte,
adressée par son gynécologue, pour exploration
échographique de métrorragies.
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Fig. 1 : Echographie endovaginale. |
Fig. 2 : Coupe IRM axiale T2. La lésion est en hypersignal en avant du bord gauche du sacrum. |
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Fig. 3 : Coupe IRM sagittale T2. Le développement du kyste au niveau du foramen sacré est visible. |
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Commentaire
L'examen montre
l'aspect normal de la ligne cavitaire, de l'endomètre, du
myomètre, ainsi que de l'ovaire droit.
Lors de l'exploration de la fosse iliaque gauche, afin de visualiser l'ovaire, on met en évidence une formation ovalaire, bien limitée, à paroi fine, mesurant 40 mm de grand axe (fig. 1). Cette image est hypoéchogène inhomogène, contenant de fins échos linéaires comme de multiples septas ; elle n'est pas vascularisée. Sa localisation reste très difficile à apprécier, plutôt postéro-latérale gauche, mais sans repère anatomique précis.
Les hypothèses diagnostiques à ce stade sont au nombre de trois. Une lésion d'origine ovarienne gauche doit être évoquée, bien que l'image soit très postérieure, en raison de la non visualisation de l'ovaire gauche. Une structure digestive, quoique d'aspect inhabituel en l'absence de paroi épaisse et de variation dans le temps, peut également être suspectée. Enfin, cette image peut correspondre à une autre structure d'origine indéterminée extra-gynécologique.
C'est cette dernière hypothèse qui est retenue au
décours du contrôle échographique à une
semaine, devant l'absence de modification de la lésion et la
probable visualisation de l'ovaire gauche.
Une imagerie par résonance magnétique pelvienne est
indiquée pour exploration complémentaire.
Les coupes sagittales et axiales en pondération T1 et T2
mettent en évidence une formation liquidienne de même
signal que le liquide céphalo-rachidien, élargissant un
foramen sacré gauche, développée en regard de
l'émergence radiculaire (fig. 2 et 3).
Diagnostic
Kyste sacré de Tarlov.
En pratique
Le kyste
sacré de Tarlov est décrit pour la première fois
par Tarlov en 1938 sur autopsie. Il fait partie du groupe des kystes
sacrés dont il se distingue par un développement
périneural à partir de la racine dorsale.
De par cette origine, il entraîne souvent des filets nerveux dans sa paroi et son contenu (correspondant aux fins septas internes vus sur l'échographie), pouvant alors être à l'origine d'une symptomatologie douloureuse à type de douleurs lombaires, sacro-coccygiennes et sciatalgies. Fréquent (présent chez 4 à 14 % de la population générale selon les études), il est cependant la plupart du temps asymptomatique et de découverte fortuite lors d'un examen tomodensitométrique ou IRM. Son diagnostic échographique reste rare.
La démarche diagnostique présentée dans ce dossier permet d'illustrer l'intérêt de l'IRM en gynécologie. Les indications de cet examen sont certes limitées par un coût élevé et une accessibilité difficile, mais restent posées dans des situations spécifiques. Plusieurs particularités rendent en effet l'IRM examen complémentaire de choix de l'échographie. Ces avantages concernent la possibilité d'un large champ d'exploration, l'absence de limitation en profondeur, et l'existence de coupes multiplans permettant une excellente étude topographique. Celle-ci est complétée par la caractérisation tissulaire liée à la spécificité des signaux des différents éléments biochimiques (eau, sang, graisse).
Lorsque l'origine gynécologique ou
extra-gynécologique d'une lésion n'est pas certaine,
l'IRM est le complément d'exploration idéal. Elle
permet notamment de différencier les lésions de
localisation intra- ou rétro-péritonéale et
d'éviter une ponction dangereuse ou une cúlioscopie
inutile.