Dysplasie
multikystique rénale bilatérale
R. GABRIEL
Scrvice de Gynécologie et Obstétrique, CHU de
REIMS.
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Fig. 1. |
Contexte
Mme G., 31 ans,
primigeste, est vue à 21 semaines d'aménorrhée
pour son échographie du second trimestre. L'examen montre un
anamnios sans notion de rupture prématurée des
membranes, des paramètres biométriques
légèrement inférieurs au 10e percentile, des
reins d'aspect multikystique (fig. 1) et augmentés de
volume (35 mm de hauteur). L'image de la vessie n'est pas
vue.
Commentaire
La constatation d'un anamnios dès le 4e ou 5e mois a toujours une signification très péjorative, a fortiori quand il n'existe pas de notion de rupture des membranes et que la cause est présumée malformative. Dans le cas présent, l'examen initial montrait d'emblée des images évocatrices de dysplasie rénale bilatérale, et l'anamnios était vraisemblablement le témoin d'une insuffisance rénale sévère.
Dans ce contexte, l'intérêt des explorations
complémentaires est surtout de documenter le dossier avant de
proposer une interruption thérapeutique de la grossesse. En
effet, la dysplasie multikystique rénale bilatérale est
le plus souvent isolée et sporadique, mais il existe des
formes autosomiques dominantes à pénétrance
variable et d'autres associées à divers syndromes
héréditaires (syndromes de Meckel-Gruber, de Roberts,
de Fryns, de Smith-Lemli-OpikÖ). Une amnio-infusion a permis de
refaire l'échographie morphologique qui n'a montré
aucune pathologie malformative associée et de réaliser
un prélèvement pour étude du caryotype. Une
échographie rénale des deux parents n'a montré
aucune anomalie. Une interruption thérapeutique de la
grossesse a été réalisée sans attendre
les résultats du caryotype.
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Fig. 2. |
Diagnostic
L'examen
fútopathologique a confirmé le diagnostic de dysplasie
multikystique rénale bilatérale (fig. 2),
associée aux conséquences de l'anamnios (faciès
de Potter, arthrogrypose et hypoplasie pulmonaire), mais sans autre
pathologie malformative. Le caryotype était normal 46
XY.
En pratique
La dysplasie multikystique rénale est le plus souvent unilatérale. Elle justifie alors une simple surveillance visant à s'assurer de l'absence de lésions associées et de bilatéralisation des images kystiques. Dans sa forme bilatérale complète avec anamnios dès le début du 2e trimestre, l'interruption thérapeutique de la grossesse est pleinement légitime et l'objectif principal est de penser aux grossesses futures : rechercher des antécédents familiaux évocateurs, regarder les reins des parents, éliminer un syndrome polymalformatif héréditaire et prévoir un renforcement de la surveillance échographique aux grossesses suivantes.