Un traitement
pour la nécrospermie
J.P. BISSON, M. BAILLY,
Service d'Hysto-Embryologie Spermiologie, PMA, CHI - POISSY.
CONTEXTE
Pascal K., 35 ans, et
Christiane G., 30 ans, en couple depuis 13 ans, consultent en avril
1996 pour une infécondité primaire de 5 ans. Madame,
secrétaire, sans antécédents notables, ne
présente aucune anomalie de la sphère génitale.
Par contre, Monsieur, agent de la ville de Paris, a été
opéré à 6, 12 et 15 ans pour hypospadias ; la
seconde intervention s'est compliquée d'une orchite gauche,
suivie d'une atrophie, puis d'une orchidectomie à 20
ans.
Deux spermogrammes, en 93 et 94, objectivent d'emblée une
asthénozoospermie. La première consultation dans le
service confirme le déficit spermatique marqué par une
nécrospermie quasi totale. Les antécédents, les
images de calcifications prostatiques, la leucocytose
séminale, les flagelles enroulés évoquent des
séquelles infectieuses cliniquement latentes ; un traitement
antibiotique durant un mois n'améliore en rien l'état
spermatique, qui semble plutôt évoluer vers
l'oligozoospermie, avec altération des 3 marqueurs
séminaux.
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enroulés % |
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05/96 |
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11/96 |
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05/97 |
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Résumé des bilans successifs |
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COMMENTAIRE ET DECISION
Du fait de l'histoire de ce patient et devant la preuve d'une production spermatique persistante depuis longtemps mais semblant en diminution lente, on pose en hypothèse que la nécrospermie est post-testiculaire, due à un effet toxique ou une dysfonction du tractus génital. Une ponction épididymaire, voire testiculaire, est programmée, avec congélation éventuelle de spermatozoïdes vivants en vue d'une ICSI différée. La ponction épididymaire s'avère positive, de nombreux spermatozoïdes sont présents dans la tête et le corps de l'épididyme, dont respectivement 40 et 70 % sont mobiles. Une congélation selon une technique particulière à ce type de prélèvement permet de stocker 7 paillettes, le test de décongélation laissant supposer une disponibilité de 28 000 spermatozoïdes au total.
Une première ICSI après recueil d'un seul ovocyte
fécondable permet la formation d'un embryon de type 1, qui ne
s'implante pas. D'une seconde ICSI résultent 3 embryons de
type 1, sur 3 ovocytes fécondables ; il n'y a malheureusement
pas de grossesse. Deux paillettes restent disponibles si une 3e
tentative d'ICSI était demandée par le couple.
CONCLUSION
La nécrospermie totale permanente,
pathologie assez rare, n'a pas de cause prouvée ; aucun
traitement médical classique n'a fait ses preuves. Si la
spermatogenèse reste active, elle ne produit pas de cellules
mortes ; les spermatozoïdes sont altérés dans le
tractus génital. Il paraît donc logique de les
prélever le plus près possible de leur issue
testiculaire et de profiter des possibilités de l'injection
intra-cytoplasmique. Reste à tenter de déterminer
l'origine du facteur toxique à l'origine de ces
nécrospermies persistantes.