Lichen plan érosif
M. PELISSE
PARIS
 
 

Contexte

Mme M. R., âgée de 42 ans, se plaint depuis deux ans de brûlures et de douleurs vulvaires ainsi que de dyspareunies orificielles intenses rendant les rapports quasiment impossibles. A l'examen, on note la présence d'une vestibulite érosive bordée par un discret liseré leucoplasique, l'examen au spéculum montre l'existence d'une vaginite érosive et hémorragique.
 

Commentaire

Devant une vestibulite érosive, il faut rechercher en périphérie des lésions leucoplasiques réticulées ou en "feuille de fougère" et faire un examen du tégument et de la muqueuse buccale. Sur cette dernière, on constate une atteinte des gencives à type de gingivite desquamative qui évolue depuis trois ans. Le reste de l'examen clinique est normal et l'état général est excellent. Cette association de lésions érosives plurimuqueuses doit faire évoquer le diagnostic de lichen plan érosif qui peut être confirmé par la biopsie, mais seulement si celle-ci est faite sur une zone leucoplasique, non érosive. Le seul examen biologique à faire est un sérodiagnostic de l'hépatite C, car on a décrit des associations hépatite C et lichen plan érosif.
 
 

Ces lichens plans érosifs plurimuqueux évoluent par poussées capricieuses, parfois déclenchés par le stress. Le traitement est mal codifié, mais la corticothérapie locale, à base de clobétasol en crème pour la muqueuse vulvaire et de Colofoam pour le vagin, jugulent généralement les poussées. Le lichen plan érosif peut comme le lichen séreux, entraîner une atrophie vulvaire, et comme ce dernier, le lichen plan érosif peut faire le lit d'un carcinome épidermoïde invasif de la vulve. Au niveau vaginal, le Colofoam permet de limiter les risques de synéchies, complication relativement fréquente de cette affection.