Avortement
tubo-abdominal
U. METZGER
C.H., SAINT-CLOUD
Contexte
Mme M., 33 ans, II
geste, II pare, consulte pour douleur abdomino-pelvienne quatre jours
après une interruption de grossesse (IVG) au terme de 5
semaines d'aménorrhée (SA) et 6 jours. La patiente est
asthmatique et souffre d'une dépression nerveuse. Elle a
été césariée en 1987 pour une
présentation du siège et présente un
herpès génital récidivant.
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Commentaire
La grossesse était survenue spontanément. L'IVG a été pratiquée à un terme théorique très précoce sans échographie pelvienne préalable. L'aspiration ramène des débris jugés normaux. L'interrogatoire recherche les facteurs de risque de grossesse extra-utérine (GEU). Il n'y a pas d'antécédents de GEU, d'infection pelvienne (la sérologie chlamydia est négative), de contraception par stérilet ou par microprogestatifs. Il existe en revanche un tabagisme à 20 cigarettes par jour.
L'examen recherchera des signes cliniques d'infection post-opératoire, de perforation utérine et de GEU. L'utérus est augmenté de taille et sensible à la mobilisation. L'abdomen est dépressible, le transit maintenu. La patiente est apyrétique. Un bilan infectieux se révèle négatif (6,700 GB, CRP < 4).
Le dosage des bêta-HCG est 2 268 UI, un taux qui peut être strictement normal 4 jours après une interruption de grossesse. Il sera répété 24 heures plus tard : le taux est de 3 300 UI.
L'échographie montre un utérus vide, des images
liquidiennes latéro-utérines.
La réponse
Le diagnostic pré-opératoire de grossesse
extra-utérine est confirmé par cúlioscopie. Il
s'agit d'un avortement tubo-abdominal.
En pratique
Il s'agissait :
soit d'une
association grossesse intra- et extra-utérine, rarissime en
dehors de grossesse médicalement induite,
soit d'une GEU
isolée, la caduque ayant été aspirée lors
de l'intervention.
La GEU est la première cause de mortalité maternelle du premier trimestre ; son taux d'incidence est de 12 à 14/l 000 grossesses.
Le cas montre que toute patiente demandeuse d'une IVG devrait bénéficier d'une échographie pelvienne pour bien confirmer la réalité d'une grossesse intra-utérine, même en absence de facteurs de risque, comme pourrait être une infection pelvienne antérieure.
Cela est particulièrement important si la demande d'IVG est faite très précocement, comme c'était le cas de notre patiente.
Job-Spira N., Coste J., Fernandez H. La grossesse
extra-utérine, une pathologie multifactorielle. BEH,
40/1990.