La gestion alternative : des atouts très séduisants







La gestion alternative se développe depuis une quarantaine d’années aux Etats-Unis et depuis plus de 15 ans en Suisse. Comme son nom l’indique, il s’agit d’une alternative aux méthodes de gestion classiques sur valeurs mobilières (actions et obligations).

Des caractéristiques très attrayantes

La gestion alternative se caractérise par une faible corrélation par rapport aux marchés des actions tout en offrant un potentiel de rendement attractif et des possibilités de diversification remarquables qui permettent de réduire le risque.

C’est ainsi que pour les années 2000 et 2001, les indices de gestion alternative ont affiché des volatilités comprises entre 3 et 13 (plus la volatilité est importante, plus le risque est élevé et inversement) alors qu’elles dépassaient le niveau de 20 pour les gestions traditionnelles en actions.

Mais la faible volatilité n’est pas le seul atout de ce type de gestion, car les performances ont également été très bonnes :
- en moyenne 11,7 % par an pour l’indice CSFB/Tremont (l’un des indices représentatifs des performances des fonds alternatifs), sur la période de 1994/2001,
- entre - 1,6 % et + 3,6 % pour le seul mois de septembre 2001, particulièrement mauvais en gestion classique.
Sans parler de certaines performances époustouflantes (arrêtées en 1995) :
- George Soros, 34 % de performance annuelle depuis 1969,
- Julian Robertson, 27 % par an depuis 1980,
- Michael Steinhard, 23,8 % par an depuis 1967.

L’objectif de la gestion alternative est de réaliser un rendement absolu annuel (donc positif), quelles que soient les conditions de marché.

Elle regroupe un large spectre de techniques de gestion souvent désignées par des termes anglais, étant donné la domination anglo-saxonne en la matière.

Les principales stratégies

La “Relative Value” consiste à tirer profit d’anomalies d’évaluation relative entre des instruments financiers apparentés en mettant en place des stratégies d’arbitrage comportant des risques relativement limités. Cette stratégie pourra par exemple, si elle est justifiée, consister en l’achat d’obligations convertibles Carrefour, combiné à la vente à découvert simultanée d’actions Carrefour.

Dans le cadre du “Global macro”, les gestionnaires cherchent à tirer profit des nombreuses opportunités offertes sur l’ensemble des marchés (monnaie, taux d’intérêt, marchés boursiers, matières premières…). Les gérants de Global Macro n’hésitent pas pour amplifier les tendances à utiliser d’importants effets de levier. C’est donc une gestion risquée, mais suivie désormais par un nombre limité de gérants.

La gestion systématique, quant à elle, met en œuvre des processus intégralement informatisés qui recherchent systématiquement des configurations de marchés observées dans le passé. Elle n’utilise que des contrats à terme négociés sur des marchés réglementés (matières premières, indices boursiers, obligations, devises).

Dans le “Stock sélection”, la stratégie la plus connue est le Long short equity. Il y a ici combinaison de positions acheteuses (long) et vendeuses à découvert (short) afin de réduire, voire neutraliser l’exposition au marché. Le gérant parie sur la hausse du titre acheté et la baisse du titre vendu. Le Long short equity peut être à biais négatif (plus de ventes que d’achats), à biais positif (plus d’achats que de ventes) ou neutre (équilibre entre ventes et achats).

Dans “l’Event driven”, les gestionnaires cherchent à exploiter des fluctuations liées à des situations spéciales : restructuration, changement de management, faillite, fusions acquisitions…

Dans le “Private equity”, des investisseurs achètent, gèrent et vendent des participations dans le capital de sociétés non cotées qui ont besoin de ressources financières de façon à pouvoir poursuivre le développement de leurs activités.

Intégrer de la gestion alternative dans votre patrimoine

Pour un particulier, la solution idéale consiste à acquérir des parts d’un fonds de fonds de qualité. Un fonds de fonds est investi pour l’essentiel en OPC (organismes de placement collectif) étrangers cotés, spécialisés dans les stratégies d’investissement dites alternatives.

Il permet au grand public :
- d’accéder à différentes expertises souvent inaccessibles par le biais d’un investissement en direct (montant minimum de souscription très important, supports fermés à la souscription des particuliers, difficulté de suivi, risque de n’investir que sur un seul fonds…),
- d’investir dans le best of mondial de la gestion alternative en profitant du savoir-faire des meilleurs gérants à travers le monde,
- de profiter d’une large diversification de stratégies indépendantes les unes des autres, réduisant le risque du portefeuille.

Malgré tous ces aspects positifs, la gestion alternative doit être considérée sur des périodes longues comme un complément de diversification aux côtés d’autres investissements (PEA, Assurance-vie, Immobilier…). Elle ne doit pas être appréhendée comme une solution miraculeuse.

Cela étant, la plupart des produits de gestion alternative bien montés offrent une volatilité (un risque) nettement inférieure à celle des grands indices d’actions et une performance positive beaucoup plus régulière.

Pour choisir le produit adapté, qui répond à vos besoins (objectif, échéance, aversion au risque…), il est indispensable de consulter un spécialiste des placements financiers au fait de ces questions.